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La frénésie du "low cost"

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Après l'alimentation, les avions, les taxis, les trains, quasiment tous les domaines sont aujourd'hui touchés par le low cost, ce qui peut parfois avoir des conséquences désastreuses, notamment en matière juridique, de santé ou de sécurité.

Nous assistons à une véritable "frénésie du low cost", comme si la population était devenue, au fil des dernières années, incapable ou refusait désormais de payer pour un service auquel elle était habituée. Y-a-t-il un changement de mentalité par rapport à la consommation en règle générale ? Peut-on qualifier notre société de "société de surconsommation", ce qui expliquerait des difficultés concernant notre masse de dépenses devenue plus importante à supporter ?

Ou bien est-ce tout simplement un moyen pour une autre partie de la population, de s'offrir des services qu'elle ne pouvait même pas envisager auparavant ?

Ou encore, est-ce un nouveau modèle de société, où tout doit aller plus vite, peu importe la qualité, pourvu que l'objectif concernant le chiffre d'affaires soit réalisé ?

Les fast-foods VS Les restaurants classiques

Les fast-foods ont adopté un concept relativement différent des restaurants classiques et entrent difficilement en concurrence avec ces derniers : en plus d'un prix défiant toute concurrence, les fast-foods offrent un service supplémentaire non négligeable, à savoir, la rapidité du service.

Le domaine des fast-foods est donc dans une logique différente des autres domaines low-cost.

L'alimentation de faible qualité VS L'alimentation de bonne qualité

Si les produits alimentaires de faible qualité (présence de nombreux conservateurs, jus de fruits à base de concentré etc.) ont connu un grand succès, la société a pris conscience de la nécessité d'une alimentation plus saine et se tournent de plus en plus vers des produits de bonne qualité, ainsi que des produits biologiques.

Il est néanmoins regrettable que l'écart de prix entre ces types de produits soit si grand, alors qu'il y va de notre santé.

L'avion classique VS L'avion low cost


L'arrivée de Ryanair, Easy Jet et d'autres compagnies de ce type, ont laissé perplexe de nombreuses personnes, persuadées que leur concept low cost ne fonctionnerait pas. Au final, les compagnies d'avion low cost ont rapidement connu un immense succès, auprès de personnes peu regardantes du service et/ou qui n'avaient pas les moyens de prendre l'avion auparavant.

Pour proposer des prix le plus bas possible, ces compagnies réduisent leurs coûts au maximum (aéroport souvent mal placé, self-service pour la réservation de billets, les bagages, surcoût pour l'enregistrement de bagages, nourriture et boissons payantes à bord etc.).

Or si vous avez été attentif ces dernières années, les compagnies classiques se sont soit très fortement inspirées des compagnies low cost (self-service généralisé, service de réservation de siège payant etc.), soit ont elles-mêmes créé leurs sous-compagnies low cost (Hop!, JOON chez Air France-KLM).

En fait, les compagnies aériennes ont tout simplement réalisé qu'elles perdaient une part de marché importante et n'ont pas eu d'autre choix que de proposer également un service low cost, dédié à une certaine catégorie de personnes, qui a tendance à devenir de plus en plus importante.

Réduire les coût, pourquoi pas, mais jusqu'à quel point ? La sécurité en avion est primordiale et il faut veiller à ce que les pilotes et le personnel de bord soient suffisamment bien formés, rémunérés, avec des conditions de travail adéquates, afin d'éviter tout drame.


Le taxi classique VS UBER

Le système UBER a tellement fait couler d'encre, qu'il est à l'origine du nouveau mot "ubérisation", souvent utilisé en lieu et place de "low cost".

D'un côté, il existe les chauffeurs de taxi, déclarés fiscalement, avec des règles à respecter et d'un autre côté, le système UBER, des chauffeurs privés, utilisant leur propre voiture, pour transporter des personnes, à un coût défiant toute concurrence.

Suite à de nombreuses critiques, le système UBER s'est bien amélioré du côté de la sécurité (chauffeurs contrôlés et identifiés etc.).

L'avantage d'UBER est la rapidité avec laquelle les chauffeurs peuvent arriver sur les lieux et la simplicité du service, utilisable grâce une application sur son smartphone.

Ce qui peut être gênant, c'est de se retrouver dans la voiture d'un parfait inconnu au volant, avec éventuellement d'autres personnes passagères, toutes aussi inconnues.

La ville de Londres a récemment interdit le système UBER.

Le train classique VS Le train low cost

Si l'avion low cost est devenu très répandu, même auprès de personnes qui auraient largement les moyens de s'offrir un billet classique, le train low cost (Ouigo par exemple) reste encore très marginal et surtout d'une qualité très moyenne.

Les professionnels de santé libéraux VS Les centres de santé low cost

A côté des professionnels de santé traditionnels, dits libéraux, comme les médecins, dentistes qui sont installés au sein de leur propre cabinet, nous voyons pousser un peu partout des centres de santé dits "low cost" ou encore "mutuelles".

Ces centres procurent des soins aux tarifs les plus bas possibles, sans dépassement d'honoraires, avec des charges minimales, en faisant intervenir des professionnels de santé souvent jeunes, qui sont rémunérés au plus bas coût. Il se pose souvent le problème de la qualité des soins prodigués.

En effet, s'il existe bien un domaine qui ne fait pas bon ménage avec le low cost, c'est le celui de la santé.

S'il est vrai que ces centres attirent souvent des personnes démunies financièrement, percevant pour seuls revenus le RSA ou d'autres aides sociales, et qu'ils répondent donc à un besoin particulier, nous devons rester vigilants.


Les pharmacies libérales VS Les pharmacies low cost

La plupart des pharmacies sont encore libérales, c'est-à-dire indépendantes. Les chaînes de pharmacies sont d'ailleurs interdites en France, contrairement à la Belgique par exemple.

Néanmoins, de plus en plus de pharmacies, ressemblant plus à des supermarchés proposant régulièrement de grandes soldes, voient le jour.

En effet, si autrefois, le prix des médicaments était fixe, il est maintenant libre et de grandes pharmacies, en commandant en grand nombre, pourront éventuellement proposer des prix plus bas.

Cette théorie s'appliquerait pour les produits cosmétiques.

Mais attention : une pharmacie ne doit pas devenir un énième supermarché, sans contact. En effet, le pharmacien est souvent le premier interlocuteur d'un patient qui n'est pas nécessairement allé en consultation chez son médecin, et lui donnera des conseils avisés. De même, lorsqu'un pharmacien délivre des médicaments ou fait une préparation sur ordonnance, il doit prendre le temps d'expliquer un certain nombre d'éléments au patient.

De tels conseils deviendront difficiles dans une pharmacie low cost.


Les opticiens libéraux VS Les opticiens low cost

Les opticiens aussi ne sont pas épargnés par la frénésie du low cost.

En effet, certains opticiens n'hésitent pas à brader leurs prix, afin d'attirer le plus de personnes possibles.

Les avocats libéraux VS Les avocats low cost

Comme pour les professionnels de santé, les avocats doivent rester vigilants face aux nombreux sites "annuaires", les poussant à proposer les tarifs les plus bas possibles.

Comment la qualité d'un service juridique peut-elle être préservée dans de telles conditions ?


En conclusion

Il est clair que notre société nous pousse beaucoup plus à la consommation qu'autrefois : appareils électriques / électroniques qui tombent en panne très rapidement, évolutions technologiques très rapides etc.

Il y a donc forcément une grande partie de la population qui souhaite dépenser moins afin de pouvoir s'offrir le maximum de choses, même si les ménages gagnent bien plus qu'autrefois, du fait que, souvent, les deux parents travaillent. Cette partie de la population se rend-elle compte des conséquences que cela peut avoir sur notre sécurité, notre sécurité juridique ou notre santé ?

L'émergence d'internet a également changé nos mentalités et c'est aussi en voyant des magasins en ligne, avec peu de charges et des prix très bas, que des magasins physiques ont dû s'adapter en bradant leurs prix.

Bien entendu, une autre partie de notre société refuse en quelque sorte le low cost et reste vigilante : nous devons nous en inspirer, au risque de voir notre société complètement ubérisée, avec une qualité de services médiocre, voire un clivage entre deux mondes : ceux qui ont les moyens de s'offrir un service décent et ceux qui n'en ont pas les moyens, n'ayant d'autre choix que le low cost.

© Maître Anaïs BOVE
Avocat au Barreau de Marseille et de Luxembourg

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